Assise sur un banc, entourée d'amis, de la musique dans les oreilles; je ris, je suis heureuse. Entourée de gens que j'aime, heureuse oui, jusqu'à ce que les premières notes de cette chanson se mettent à raisonner dans ma tête, et dès les 4 premiers temps, mon coeur s'effrite, se dissout, se brise. La petite flamme, la seule restée après que tu ais emporté les autres de mes yeux s'éteint doucement. Définitivement ? Mes yeux se brouillent, ne devinent plus l'herbe, le béton, les voix et les rires qui m'entourent, effacent les dernières personnes autour de moi pour m'achever en n'infiltrant dans l'esprit ton image, tes yeux, ton sourire. Ta voix, tes cris et tes rires raisonnent en boucle dans ma tête en une mélodie si plaisante. Déchirement. Mes paroles me reviennent en tête : « Je l'ai oublié, definitivement. » Connerie! Je m'invente depuis le début une réalité fictive, tout n'est que mensonge, tout n'est que rêve. Je crois sentir le glissement d'une larme sur ma joue. Illusion, nouvelle invention ? Mes lèvres tremblent, alors que la chanson semble doubler de volume pour m'annéantire, me reduire à plus bas que je ne suis déjà, encore, toujours, plus... Contradictoirement à ce que me hurle mon coeur, mon esprit, ma douleur, mes membres agissent seuls, affichant au final une photo, cette photo de toi, cette photo que j'avais prise sans en avoir le droit, la première fois que mes yeux s'étaient posés sur toi, sur ton âme, au final. Le vent frais souffle sur mon visage, effaçant toute trace de larme innexistante à présent.
« Ils n'auront rien vu. Comme toi, finalement. »